voyage a velo
Promenades à vélo

Voyage à vélo, première expérience

Mon premier voyage à vélo,

Un voyage a vélo. Il y a longtemps qu’on en parlait avec mon amoureux. Quelques jours, pour tenter l’itinérance. Dès mes premières sorties sur route il m’a fait envie. Il me parlait du Beaujolais, de la Toscane, de la Loire. Finalement on a choisi la Via Rhona. Elle démarre juste à coté de chez nous. L’endroit était décidé fallait affiner. Il fallait faire le circuit précisément, réserver les hébergements, se poser plus sérieusement sur les cartes. Je l’ai laissé faire. Et à étudier le tracé, ses yeux se sont posés sur tous les sommets autour. Et ici, en Haute-Savoie, il n’en manque pas.

Il avait envie de tout, le Salève, le Grand Colombier, la Chambotte, le Mont du Chat, les Glières! Et moi j’ai senti ma belle aventure de voie cyclable plate s’envoler. C’est à ce moment là qu’il a eu la belle idée de se décider pour un voyage en vélo électrique. Bien sur il faudrait faire attention aux batteries mais quand même! Ça changeait tout. Même plus peur. Les vélos on les avait, les sacoches on les a trouvé chez Roue Libre, les sets de pique-nique on les a ressortis du garage. Pour les logements il s’est débrouillé tout seul, je voulais des surprises et finir le voyage en dormant à la Clusaz, à La Ferme, qu’on aime tant.

Jour 1,

Voilà on y est, depuis qu’on en parle! On part demain en prenant  le train de 9h50, jusqu’à La Roche sur Foron. La préparation des bagages a été facile. J’avais pas le choix. Avec une sacoche chacun pour 5 jours fallait être économe. Et comme le livre à emporter était bien épais, que l’huile d’Arnica était indispensable j’ai fait minimum de chez minimum. Et une nuit un peu agitée plus tard, nous voilà sur le quai de la gare de Sallanches.

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A l’heure du départ, à Sallanches

Arrivés à la Roche sur Foron nous avons pris la direction de Cruseilles par les petites routes. Le soleil était au rendez-vous pour notre première ascension. J’avais tellement peur de manger la batterie et de devoir finir la journée à pédaler pour faire avancer mon engin de 27 kilos que je n’ai enclenché l’assistance que dans les derniers lacets du Salève. Au sommet il faisait moins de 10 degrés mais la vue magnifique sur le lac Léman a été une formidable récompense. La suite de la journée s’est faite tranquillement en rejoignant la Via Rhona à Vulbens et en la suivant jusqu’à Seyssel, première halte. Il faisait un temps superbe, la bière était divine, et la chambre d’hôtes et son repas aux petits oignons.

Jour 2,

La nuit fut digne d’un coma. Sans rêve et surtout sans anxiété du lendemain. En même temps ce serait la plus petite des étapes de ce périple. Uniquement de la piste cyclable, à plat entre champs de tournesols et bords de Rhône. On a bien fait quelques détours pour voir la cascade du Glandieu, cette journée avait des vrais airs de vacances. Il est beau le Rhône à hauteur de vélo. Tranquille, majestueux, dépaysant.

C’est la journée qui a été la plus sereine, sans percussion de trafic routier, à croiser biches et écureuils et la plus facile. Elle nous à mené à Virignin, petit port en développement. Finalement la seule fausse note aura été l’absence de bière à l’arrivée, puisque le seul food truck du coin n’avait pas la bonne licence. Mais l’endroit a nous a fait oublié ce manque. La tente en dur et en hauteur des Lodges de la Via-Rhôna, où nous avons dormi a donné à ce bivouac de luxe des airs d’aventure. Tout croquignolet et fonctionnel le camp de base reste un très chouette expérience.

lodges via rhona
Les eco lodges de Virignin

Jour 3,

Le matin du troisième jour me laisse un gout de plénitude atteinte. Fourbue mais ravie de prendre la mesure de ce voyage exceptionnel. Le rapport au temps long, au moment présent que nous nous offrons au soleil, tous les deux, en plein air. Ce jour là nous sommes passés à Chanaz, que nous avons quitté très vite à cause de la foule. Comme quoi! On prend des habitudes en peu de temps. Après ça nous avons traversé le Bugey entre forets et vignes, rejoint le lac du Bourget pour un délicieux déjeuner sur la plage de Conjux. il fallait reprendre des forces pour assumer le dénivelé du jour.

On laissait la Via Rhona et sa platitude pour repartir à l’assaut des sommets. Et le col de la Chambotte et son belvédère majestueux ont été les difficultés de la journée. La descente nous a ramené à Aix les Bains jusqu’à l’arrivée du jour à Bourdeau pour une nuit au château. La surprise du jour! Une nuit dans la suite Lamartine, un cadeau d’amoureux qui sait mon goût de la poésie.

Jour 4,

Le réveil dans ce cadre idyllique m’a fait détester l’étape à suivre quelques instants. Et puis à penser aux petits bonheurs de la journée à venir j’ai très vite oublié.  Ce quatrième jour a été celui du plus gros dénivelé  et de la plus longue distance du voyage. J’ai pas été peu fière de voir la médaille s’afficher sur Strava. De Bourdeau nous avons regagné Chambéry pour traverser le massif des Bauges, monté les cols de Plainpalais et de Leschaux, longé le lac d’Annecy pour arriver à La Clusaz.

Ce fut sport comme jamais. Entre les ascensions, la chaleur et la batterie de mon chéri à plat dans la dernière montée, j’ai sué à grosses gouttes. Mais quel bonheur à posteriori. De se retrouver à La Ferme, un de nos endroits préférés, au terme d’une telle journée. La côte de boeuf a eu une saveur exceptionnelle ce soir là.

Jour 5,

Comme l’arrivée était au bout de la journée, qu’est-ce que ça à été dur ce jour là! C’est la première fois que je sentais mes cuisses. Je payais les jours précédents d’un seul coup, à avoir la fin en tête. Surtout que la surprise du jour, annoncée au petit déjeuner n’a pas aidée. Et oui! Voilà la montée des Glières n’était pas au programme mais “si près on est obligé”. J’ai même pas essayé de négocier. Vraiment, j’étais claquée. le petit tour d’échauffement jusqu’au lac des Confins a fait son effet. J’étais en selle, en pilote automatique.

Donc, direction Le Grand-Bornand, la montée des Glières par la face la plus raide, montée sans broncher. C’est le seul moment où j’ai enclenché le turbo. Dans les deux cent derniers mètres, pour arriver vivante chez Constance, haut-lieu des beignets de patates. Le festin, pas du tout approprié à une journée vélo, m’a réconfortée, vous n’imaginez même pas comment. Après ça le col des Fleuries est passé comme une lettre à la poste. Jusqu’aux dix derniers kilomètres. Là, ça a été le début du calvaire, à sentir la maison, si près, si loin. Des crampes, des douleurs, des massages obligés sur le bord de route. Et malgré tout la délivrance.

Rentrer pour mieux repartir

Le lendemain de l’arrivée a été un jour cocooning. Pas de courbature mais l’envie de ne rien faire, si ce n’est revenir en souvenirs sur ce premier voyage à vélo. Fermer les yeux et essayer de tout revoir. Les paysages magnifiques, le temps qui prend son temps, le grand air du matin au soir, les sentiments de liberté éprouvés, de plénitude ressentis, de fierté à ma résistance à l’effort et à la vue de la batterie jamais descendue en-dessous des trois barres. Ce fut une première et le début du rêve d’en faire des tonnes d’autres.

Avant le jour, Madeline Roth

16 février 2021

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